.On me reproche souvent de ne rien savoir de moi, si vous ne prenez pas la peine de lire cet article, ne me demandez pas pourquoi vous ne savez rien.
J'avance doucement et je doute, je me demande encore et toujours pourquoi, pourquoi
je vis cela mais cela n'a parfois plus d'importance. Je ne peux vivre sans, je le fait pourtant. J'avance toujours et tandis que cette mer déchaînée fouette ce bateau, cet immeuble d'acier: il reste de glace, tel un titan : rien ne semble pouvoir l'affecter, aucun sentiment. Je continue d'avancer et je me remémore tous ces souvenirs et tous ces vécus, l'un après l'autre et la seule chose valable que je constate est toujours ce manque d'audace et de tentatives. Je n'ai jamais pris le temps de répondre à ses sourires que je reçut à ces doux moments que j'aimerai tant revivre maintenant. Son sourire me manque tellement, je ne pense qu'à une seule chose : l'embrasser enfin, un jour peut-être. Juste un baiser.. Un baiser peut paraître anodin pour certains car l'acte en lui même ne varie guère mais chaque baiser est porteur d'un message, il peut exprimer l'attachement profond d'une douceur sucrée ou l'immense remords d'une infidèle, il peut aussi être l'expression d'inquiétude d'une mère aimante ou de la passion grandissante de cet amoureux, mais quelque soit le sens que l'on lui donne, chaque baisers nous renvoie à un besoin fondamental, le besoin de contact avec l'autre, c'est quelque chose de tellement fort qu'on ai toujours surpris quand certaines personnes refuse de le comprendre. Cette lente marche sur le pont me fait connaître ces principes primaires de l'amour, ceux que je cherchais depuis si longtemps. Le mouvement cyclique des vagues me rappelle l'éternelle recommencement de ces aventures sentimentales. Si j'ai cru trouver ces bases à la fraîcheur de l'hiver, ce n'était en réalité qu'illusions et utopies et tandis que le vent caresse encore mon visage candide et me donne froid: la glace qui envahit mon esprit gèle mon corps à son tour. Plus d'amour, partant plus de joies. Ma marche prends un sens, partie de la vision des remous des hélices, j'avais bien avancé à présent et j'apercevais l'avant de ce monstre éternelle des océans: le monde et les mers lui appartenaient et même son arrogance n'aurait su l'empêcher d'avancé. Il allait vite, si vite.. Pourquoi les gens courent ils autant ? Pourquoi ne prennent ils pas le temps de vivre ? On est si vite arrivé. Je me vois grandir et c'est bien triste de me rendre compte que ma volonté de me développer est en opposition à l'envie de voir les miens rester dans leurs grandes jeunesses mais la volonté ne fait pas tout et le temps est inexorable. Le monde court mais moi là, je marche encore: me voilà enfin à l'avant du bâtiment, là où le fer qui frappe la mer et ses écumes avec totale indifférence. Étais-ce un but ? On ne le saura jamais. Je me sens maintenant tel le roi du monde, une sensation de vol par dessus les mers, serait-ce mes souvenirs qui me joue des tours ? Cela me rappelle une théorie selon laquelle le cerveau inventerait des sensations de déjà vu avec nos propres souvenirs: vérité ou simple illusion ? Et c'est dans cette naïveté totale que je tombe du bateau, réfléchir m'as permis de m'abandonner au destin. Je tombe. Une idée de légèreté m'emporte et c'est un réveil brutal que d'arriver tête la première dans cette eau glaciale. Une fois tombé 30 mètres plus bas, suffocant sous les flots, je me sens aspiré par un courant infernal, une vitesse folle qui me rappelle le destin ainsi que le temps fatal à toute existence et enfin cette incroyable pression mécanique, ce déchirement représenté par les hélices droite de ce titan qui me broit en milles morceaux.. quelle douce mort ! Cette mort amène à la délivrance car après la déchirure physique c'est mon esprit qui se recompose secondes après secondes et tout redevient clair: jamais rien ne m'était paru aussi clair. La mort est l'unique solution à nos souffrances, pourquoi donc avoir une mort douloureuse ? C'est à tous notre côté sado et je me demande pourquoi, alors que je ne supporte la douleur, je n'ai de cesse de vouloir les faire souffrir: encore une preuve de mon égoïsme grandissant.. Et c'est à travers les débris de mon corps éparpillés dans cette eau rouge-sang que je vois cet immeuble métallique qui continue à avancer... Tandis que ma marche s'est arrêté ici, cet amas de fer continue encore et encore: rien ne semble l'arrêter. Il vole à la surface de cet eau glaciale et c'est sans se douter qu'il fonce devant l'infranchissable. Ce bloc de glace que rien ne pourrai bouger est là, bien présent et c'est vers ce néant absolue symbolisant la mort qu'il fonce à pleine vitesse. Il ne sait pas ce qu'il lui attend plus loin: les personnes profitent pour beaucoup de leur derniers moments de joies sans s'en rendre compte; ils mangent, dégustent, se baladent ou font l'amour mais quoi qu'ils fassent, aucun ne se doute de leur proche avenir funeste. Ces deux demoiselles qui s'embrassent tendrement au beau milieu des danseurs ne se soucie juste de leur bonheur: auraient elles raison ? C'est peut être ça la vie: des éléments bêtes et inattendus qu'il faut savoir saisir. Vaut il mieux mourir lentement d'une mort douloureuse ou se faire broyer en milles morceaux quelques minutes avant l'heure fatidique ? Di caprio, voulant mourir en héros, n'aura récolter que les fruits de son ignorance tandis que Rose en sortira indemne: selon quels principes peut on établirent donc la mort ? Pourquoi mourir plus vite que les autres ? La vie est parfois inexplicable et il faut s'en contenter. On a souvent en nous une envie qui nous pousse à tout lâcher, à nous libérer: la mort est la solution au malheurs de l'humanité. Pourquoi y a-t'il donc cet instinct de survie qui nous retiens à la surface alors que notre véritable envie est de couler ? Moi même, je me suis laissé tomber.. Le seul regret éprouvé est de ne pas lui avoir avouer que je l'aimais: est ce trop tard ? Puis je encore ? Laissez moi. Je ne peux plus, je n'arrive plus. Cet épisode marquant de ma vie n'est pas arrivé. Saurais-je l'éviter ? Vivre comme bon me semble pour m'empêcher de couler ? Une chose est sûre, je ne suis pas près de lâcher. Trop d'amour à la surface, rien ne gèle, rien n'est glace. Laissez moi en paix et marcher en liberté.
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